Forget about a chip and a chair; give me a hand and I’ll stand.
Warren Karp (joueur professionnel)

Il est difficile de choisir quelle est la première notion à détailler quand on aborde les fondamentaux du poker. La première chose à laquelle on pense est de déterminer le processus mental qui conduit à la décision de jouer sa main ou pas. Dans cette analyse le premier facteur semble être la nature de nos deux cartes fermées, les pocket cards. Pourtant ce n’est pas si simple car d’autres facteurs tout aussi importants, si ce n’est plus, entrent en ligne de compte quand il faut décider si oui ou non il faut entrer dans un coup.
D’abord la position, c’est à dire notre place dans l’ordre de parole. Nous verrons tout au long de ces articles que cela affecte constamment nos décisions. Autre paramètre important la taille des tapis, le nombre de jetons que vous possédez comparativement au nombre de jetons de vos adversaire. Le Texas Hold’Em est un jeu de position. Ces paramètres affectent aussi considérablement nos choix. Enfin d’autres notions bien que plus secondaires jouent un rôle important (le nombre d’adversaires, le style de nos adversaires, le moment dans le tournoi etc). Toutefois nous allons ici aborder le problème des mains de départ par le coté le plus simple à savoir la nature des pocket cards, nous reviendrons plus tard sur les autres éléments stratégiques du jeu.
On peut aborder la question selon deux angles. La première que nous allons voir consiste à placer les différentes mains de départ dans des groupes de similarités. Au sein d’un groupe les mains se jouent souvent de façon un peu identique. Il me semble très important en premier lieu de bien comprendre ce classement et où se situent les différentes mains de départ. La deuxième approche que nous ne ferons qu’effleurer correspond à une analyse mathématique de la force et du potentiel de chaque main.
Evidemment tous ces conseils sont très généraux et on trouvera toujours des situations particulières….
Evidemment ce sont des mains de choix, des premiums ! Il vaut toutefois mieux les jouer fortement pré-flop pour ne pas avoir à faire face à de trop nombreux adversaires. Sur le flop avec KK ou QQ il faut être prudent si une carte supérieure arrive au flop ce qui se produira tout de même 23% du temps pour KK et 42% du temps pour QQ.
Ce sont des mains relativement fortes en duel mais plus difficiles à jouer sur une table pleine. Ce sont toutefois de bonnes mains qui peuvent bénéficier d’un flop favorable, comme avec des « undercards » par exemple, qui peuvent permettre de continuer à attaquer sur le flop.
Exemple : on a ![]()
et le flop est ![]()
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. De ce fait, si ces mains peuvent être jouées de n’importe quelle position, après le flop l’avantage de la position peut s’avérer déterminant. Idéalement on aimerait accrocher un brelan sur le flop mais cela n’arrivera que dans 12% des cas.
Une astuce de Scotty Nguyen, grand champion de Poker et celui qui est à l’origine de phrases célèbres comme "That's poker baby" ou "You call, gonna be all over baby!" prononcée en finale des championnats du monde en 1998, son adversaire a callé et perdu… On peut parfois jouer ces paires comme si on avait AK. Grosse relance pré-flop et si on est relancé on jette. Si un As ou Roi au flop on attaque encore…Vicieux, non ?
Toutes ces mains sont fortes ou relativement fortes mais pas si faciles à jouer et cela peut vous coûter cher. Une main assortie sera toujours beaucoup plus forte (en moyenne environ 3% de chances de gains en plus). Regardons un peu toutes ces mains en détails.
AK, Big Slick, est une main premium à manier avec précaution. Contrairement à une paire elle a besoin de s’améliorer pour gagner, de « toucher ». Pourtant beaucoup la préfère à QQ. C’est une main d’attaque qu’il faut protéger donc jouer fort et idéalement face à un seul adversaire. Il faut aussi savoir la jeter si on ne l’améliore pas et qu’il y a de la résistance. Attention contre une paire AK n’est jamais favori ! Pensez-y avant de faire tapis ! Pour cette raison on dit souvent que AK n’est pas une main faite pour payer une relance mais pour sur-relancer ou passer.
AQ, AJ, KQ, KJ, QJ sont des mains à ne pas surestimer. Ce sont de très bonnes mains d’attaque mais qui ont quelques défauts. Elles ne sont pas favorites contre une paire et surtout elles peuvent être dominées. Par exemple vous avez
avec un flop
.La domination qui relève de la notion de kicker est un paramètre très important du poker Vous avez la top paire mais vous êtes battus par AJ ou KJ. Autre exemple
sur flop
, attention a AK ou AQ.La domination qui relève de la notion de kicker est un paramètre très important du poker.
Assorties, ces mains peuvent vous donner une couleur mais la aussi attention si vous avez KQ, KJ ou QJ vous n’avez pas la couleur max ! Elles peuvent toutefois permettre d’augmenter vos chances sur un tirage couleur si vous avez des overcards.
Donc attaque mais prudence ! On voit souvent des joueurs relancer avec AQo qui sont sur-relancés et qui payent. C’est souvent une erreur grossière !
AT, KT sont des mains plus marginales que l’on traite souvent comme un petit As ou un petit Roi mais qui offrent tout de même quelques opportunités supplémentaires.
QT, JT sont des mains encore plus marginales que l’on traite souvent comme des « suited connectors » mais qui offrent tout de même plus de possibilités de par la présence d’une Reine ou d’un Valet.
Des mains intéressantes mais difficiles à jouer et qui demandent souvent des choix difficiles en particulier Kxs. Elles peuvent se jouer pour attaquer avec la position ou pour la côte pour espérer la couleur mais attention avec un Roi vous ne serez pas max. En touchant une paire seconde on peut être embarqué dans un coup qui coûte cher. Par exemple, ![]()
sur un flop ![]()
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, c’est tentant. Avec deux paires au flop vous pouvez attraper quelqu’un qui se sent trop fort avec la top paire.
Ce sont de bonnes mains pour essayer de voler les blinds. D’ailleurs ces mains sont très dépendantes de la position. Jouer K2s en premier de parole est du suicide ! Gardez en mémoire que en dessous d’un 8 comme carte accompagnatrice ces mains sont tout de même très marginales. Ainsi, hors de question de payer une relance ou sur-relance sauf cas exceptionnel !
Là on est dans des mains très marginales. Elles peuvent se jouer dans certaines conditions si le kicker n’est pas trop mauvais (8 ou plus) pour voler les blinds ou en position tardive avec un gros tapis. Mais bon…
Alors ….pour cette catégorie il faudrait un livre entier!!! On peut distinguer ici les « no-gap connectors » comme 67, les « 1-gap connectors » comme 5-7 mais aussi les « 2-gap connectors » comme 4-7 ou les « 3-gap connectors » comme 3-7.
Le plus souvent on ne considère que les « no-gap connectors ». Ce sont des mains à potentiel qui peuvent s’avérer destructrices pour votre adversaire. En effet plus d’une fois sur deux vous flopperez quelque chose : paire, deux paires, brelan, full, tirage à quinte, tirage à couleur, quinte ou couleur !!! Mais attention le jeu au flop sera hyper-complexe et recèle de nombreux pièges car très souvent vous n’aurez qu’une petite paire qui n’est pas max et qui si elle l’est peut être battu au kicker, la couleur ne sera jamais max, les quintes ne sont pas toujours max. Cela demande pas mal de technique et d’expérience, une bonne lecture du jeu et du style de ses adversaires, de savoir manipuler un pot.
Idéalement ces mains ont besoin d’une côte pour être jouées, on veut du monde et rentrer pour pas cher. Ce sont donc des mains que l’on joue le plus souvent avec la position. Toutefois dans certaines circonstances particulières cela peut être des mains d’attaque voire de sur-relance ! Elles ne gagneront pas souvent mais quand elles gagneront cela sera souvent très profitable car on sera souvent invisible avec ces mains, nos adversaires auront du mal à nous imaginer avec ces cartes là !
On conseille souvent au débutant de ne pas les jouer et ce n’est pas pour rien.
Les très bons joueurs rajoutent souvent à ces mains là les « 1-gap connectors », encore plus difficiles a jouer mais encore plus invisibles !
Jouer des « 2,3-gap connectors » reste très marginale et nécessite beaucoup de technique.
Ces mains sont très, très marginales car elles ne bénéficient pas du potentiel de couleur des connecteurs assortis. Elles se joueront toutefois exceptionnellement dans des situations très particulières comme vol ou bataille de blind essentiellement. Evidemment il est extrêmement difficile de jouer le flop avec ces mains.
Ici on ne parle pas des « 2,3-gap connectors »
Les mains non citées sont quasiment « injouables »